Réduire la dépendance à un seul acheteur est un enjeu stratégique pour beaucoup de domaines viticoles, surtout lorsqu’un partenaire pèse lourd dans le chiffre d’affaires. S’appuyer sur lui sécurise des volumes, mais expose fortement l’exploitation au moindre changement de prix, de politique ou de volumes. L’objectif n’est pas de rompre une relation utile, mais de reprendre progressivement du pouvoir de décision en diversifiant les débouchés, de manière réaliste et structurée.
1. Mesurer la dépendance réelle
Avant d’agir, il est indispensable de chiffrer la situation. Il s’agit de calculer :
- la part de chaque canal dans le chiffre d’affaires (négoce, cavistes, CHR, export, vente directe, circuits courts, caveau, e‑commerce, etc.) ;
- la marge par canal, en intégrant tous les coûts (remises, logistique, temps commercial) ;
- les risques associés à chaque canal : concentration sur quelques clients, forte pression sur les prix, contrats fragiles, dépendance à un marché export, etc.
Cet exercice révèle souvent qu’un nombre très limité d’acteurs concentre l’essentiel de la valeur et du risque..
2. Identifier des pistes de diversification raisonnables
La diversification ne consiste pas à tout changer du jour au lendemain, au risque de désorganiser le domaine. Il s’agit plutôt de :
- renforcer progressivement la vente directe et les circuits courts là où c’est cohérent (caveau, marchés, vente en ligne, accueil au domaine) ;
- tester quelques nouveaux débouchés ciblés : cavistes ou restaurateurs locaux, groupements de producteurs, opérations ponctuelles avec des partenaires de confiance ;
- utiliser l’œnotourisme comme vitrine pour valoriser le domaine et créer une base de clientèle fidèle.
L’enjeu est de regagner de la marge de manœuvre et une meilleure répartition des marges, sans multiplier les canaux au hasard.tégie.
3. Construire un plan de transition
Une transition réussie se planifie dans le temps. Sur deux à trois campagnes, il est possible de :
- réduire progressivement la part du ou des gros acheteurs dans le chiffre d’affaires ;
- augmenter la part des ventes à meilleure marge (directes ou circuits courts) ;
- sécuriser le modèle économique en cas de retournement de marché ou de changement de stratégie d’un partenaire.
Ce plan donne une direction claire, des étapes intermédiaires et des indicateurs à suivre (répartition du CA, marges, temps commercial).
Vous voulez savoir à quel point votre domaine est exposé et quels leviers activer pour diversifier sans vous disperser ?
Un échange structuré permet déjà d’identifier vos priorités et les premières actions à mettre en place.

